CÉLESTIN FREINET

1896-1966

Celestin Freinet

À la rencontre de Célestin Freinet

Célestin Freinet est né le 15 octobre 1896 à Gars, une petite ville des Alpes-Maritimes en France.

Il a passé son enfance, comme tous les autres enfants du village, parmi les ouvriers des champs, dans cette région pauvre où le climat, en dépit de la proximité de la Méditerranée était dur. Freinet savait tout sur la garde des moutons : sa femme Elise a écrit à son sujet

que "son expérience de pasteur devait être le leitmotiv de l'expérience éducative de Freinet ".


Après avoir effectué son primaire dans la ville de Grasse, il s'inscrit à l'école normale d'instituteurs de Nice. Au début de la guerre de 1914,

Freinet a été appelé, et en 1915, à l'âge de 19 ans, il a été grièvement blessé au Chemin des Dames, et a été décorée de la Croix de Guerre et de la Légion d'honneur.

Sa convalescence, d'un hôpital à l'autre, aura en tout duré quatre ans. Blessé au poumon, il n'a jamais complètement guéri, et a souffert tout au long de sa vie d'un essoufflement qu'il n'a pas pu guérir.


En 1920, Freinet est nommé maître assistant à l'école de deux classes de Bar-sur-Loup, ville de 1 000 habitants dans les Alpes Maritimes, non loin de Grasse et de Vence.

Cette région, aujourd'hui très fréquentée par les touristes, serait le cadre de l'implantation du travail de Freinet en tant qu'enseignant et militant. C'est de cette école de village que les jeunes diplômés de l'école de l'enseignant introduirait en même temps les presses à imprimer de l'école, jetterait les bases pour un mouvement national à travers ses écrits dans des revues professionnelles et politiques, participer à

les rencontres internationales sur l'éducation nouvelle, faire la connaissance des grands maîtres de l'éducation de l'époque: Ferrière, Claparède, Bovet, Cousinet.

Freinet lisait tous les classiques de l'histoire de l'éducation contemporaine, tout en étudiant pour son examen de superviseur, qu'il n'a d'ailleurs pas passé.

Tout cela avant de prendre ses distances non seulement de l'éducation traditionnelle, mais aussi de la'nouvelle' éducation mise en place par Ferrière.

Il a commença à s'impliquer dans le développement de son village natal, où il a fondé une coopérative de travailleurs pour fournir de l'électricité à la communauté. Il est devenu membre actif du syndicat communiste et du Parti communiste, et en 1925, il visita

l'URSS dans le cadre d'une délégation syndicale. Là, il rencontra Krupskaya, la femme de Lénine, qui était ministre de l'Éducation.

Ces activités syndicales et politiques ont profondément influencé l'émergence de son entreprise, la conception de l'éducation populaire, sur laquelle nous reviendrons plus loin.


En 1928, lorsque Freinet fut transféré de Bar-sur-Loup à Saint Jean avec sa femme Elise, les grandes lignes de son travail avaient été définies : imprimerie, interscolaire, correspondance, coopération. À ce moment là, le mode d'éducation laïque de Freinet commençait à être bien connue; tant au niveau national qu'international en raison des congrès auxquels il a participé ou qu'il a organisés.


Entre 1929 et 1933, les Freinets développent et élargissent le mouvement qu'ils ont créé.

Mais Saint Paul-de-Vence n'était pas Bar-sur-Loup ; la petite ville avait déjà une école et l'arrivée d'un couple d'enseignants communistes a été d'autant moins bien vue que le développement touristique était florissant.


L'année 1933 verra la montée en puissance en France, comme en Allemagne, en Italie, en France et en Espagne, des mouvements d'extrême droite. Les Freinets ont été de nouveau transférés à Bar-sur-Loup mais n'ont pas accepté le poste malgré l'accueil chaleureux qui leur a été réservé par les parents, le personnel et les enfants. Ils ont démissionné et ont désormais consacré leur temps à l'édification de la laïcité.

Le mouvement coopératif d'éducation, qui est devenu une véritable industrie pour la production de matériels pédagogiques et la publication d'ouvrages sur l'éducation.


Ainsi est née l'idée d'une école expérimentale gratuite.


En 1934 et 1935, Freinet a réussi, avec le soutien du mouvement, des amis politiques et de la presse de gauche, à

construire sa propre école à Vence, en donnant lui-même un coup de main dans la construction. Le site était un peu isolé, à flanc de colline surplombant une petite vallée et accessible par un sentier caillouteux. L'école se composait de bâtiments de plain-pied construits simplement, entourant une cour de récréation ombragée avec un étang au milieu. Les salles de classe étaient spacieuses, peintes principalement en vert et blanc. Les enfants étaient pour la plupart pensionnaires et appartenaient à des groupes sociaux défavorisés, ou

des familles en difficulté. La plupart d'entre eux sont des enfants d'ouvriers parisiens, de travailleurs sociaux ou les enfants d'enseignants qui venaient le plus souvent dans ces régions pour des raisons de santé,

L'école comptait en plus quatre ou cinq enfants de familles aisées qui avaient confiance en cette nouvelle méthode d'apprentissage. 


Les années 1939 et 1940 ont vu d'abord la menace, puis l'éclatement de la seconde guerre mondiale.

Freinet, en tant que communiste connu, était considéré comme un danger en raison d'une possible activité subversive de son organisation. Quand l'URSS s'est réconciliée avec les nazis, Freinet a été arrêté et envoyé dans un camp de concentration, puis libéré sur parole. 


À l'occasion de la Libération, il devient Président du Comité de Libération des Hautes-Alpes et reprend ses activités à Vence.


En 1948, la Coopérative d'Education Séculière est devenue l'Institut de l'Education Séculière, l'école moderne.

Elle établit son siège social à Cannes et devint un centre important pour l'Europe de l'Est et la production et distribution de matériel didactique.


En 1950, Freinet a été expulsé du Parti communiste, par les politiques duquel il n'était plus d'accord. Cela a provoqué un remue-ménage énorme qui a pris de l'importance aux niveaux national et international et ainsi ses congrès devinrent des confrontations animées.


Freinet meurt à Vence en 1966.


Le mouvement a continué après sa mort et Elise Freinet a gardé vivant le souvenir de son mari.