L'école moderne de Célestin Freinet

Ce n'est pas d'aujourd'hui que date la lutte pour une école démocratique et au service du peuple. Nous qui avons développé, aménagé, inventé, réinventé une école par le peuple et pour le peuple en appliquant et adaptant sans cesse les idées de Célestin Freinet, Cousinet et même celles de Makarenko nous avons subi l'opprobre et la mise à l'écart. Pourtant nous pouvons dire que nous avons vu nos élèves réussir et devenir des citoyens à part entière là où bien d'autres ont échoué. On a toléré ces méthodes dans les classes dites d'enfants inadaptés, elles auraient été profitables dans tous les cycles d'enseignement.

Les grandes lignes de la méthode Freinet

Selon Freinet, les éléments qui construisent la personnalité de l'enseignant sont la psyché, l'intelligence et le travail.

Pour lui, le psychisme est fait d'instinct, des besoins, du tempérament et des sentiments.


Dans L'éducation du travail (1967), il définit l'"intelligence" comme la capacité d'assimiler l'expérience de différents domaines de la vie

et précise les types d'intelligence suivants : artistique, abstraite (dans les formes de mots et de concepts), créatifs, manuels, cognitifs, politiques et sociaux. Il explique le "travail" comme le développement de son propre style pédagogique et de sa propre pédagogie et méthodes.

Pour lui, le travail enrichit la personnalité et aide à conquérir les faiblesses.


La méthode de Freinet pour développer son propre style pédagogique était basée sur la recherche intuitive, l'auto-éducation, la pratique et l'expérimentation. Dans L'histoire d'une pédagogie populaire (1974), il dit : "La pédagogie est créée par les gens qui très souvent n'ont pas d'expérience dans l'enseignement ou ont enseigné il y a très, très longtemps, mais qui ont l'autorité nécessaire pour parler au nom des éducateurs".


Cette conviction l'a amené à rechercher ses propres méthodes et stratégies pour l'enseignement, en fonction de ses capacités, de ses compétences et de ses croyances. Dans le livre Les dits de Matieu (1959), il décrit sa recherche de méthodes naturelles qui peuvent lier

l'école avec l'environnement en comparant le rôle de l'enseignant à celui d'un berger, jardinier ou éleveur. De plus, il souligne qu'en plus de se soucier de l'environnement, l'enseignant doit posséder une personnalité dynamique et un sens de l'initiative qui lui permettent de développer une vie intérieure riche.

Ces caractéristiques sont nécessaires pour le travail quotidien, qui lie tous les membres de l'équipe dans le domaine de la connaissance et de compétences telles que la création, l'invention, la poésie, la construction, l'écriture, l'art et la musique.

Les enseignants doivent donc s'efforcer de se perfectionner et d"améliorer leurs méthodes en permanence.


Freinet a également souligné que la profession d'enseignant exige un perfectionnement continu dans tous les domaines de connaissances et de compétences. Dans sa critique des enseignants qui répètent et enseignent constamment de façon routinière, il a expliqué qu'une enclave ne peut pas réunir des gens libres.


Il disait qu'un professeur devrait être un modèle de combattant; ainsi, il mettait l'accent sur la spontanéité, l'indépendance d'esprit, la persévérance, le courage et la libéralité. Dans la vision de Freinet, l'enseignant est pour le changement sociétal dans les domaines de la liberté, de la paix et de la démocratie, ainsi que favorable au retour des valeurs éthiques.


L'un des objectifs de l'enseignement est de transmettre des valeurs en créant une atmosphère de chaleur, confiance, soutien et espoir. Le climat dans la salle de classe influence le travail de l'élève et il doit être encourageant.


Freinet conseille aux enseignants de le faire : "Montrez votre foi dans les enfants et la bonté, et aidez, mais soyez ferme".

En soulignant l'importance de l'enseignement des valeurs morales, il critique les écoles contemporaines qui négligent ce sujet, et condamne leur croyance que la technologie moderne et l'élévation du niveau de l'enseignement peut automatiquement rendre les gens meilleurs et plus éthiques.


Freinet pense que les enfants doivent être éduqués avec un comportement moral. Il observe qu'il existe une atmosphère artificielle à l'école:  la discipline qui évalue avec des notes, des examens, et la concurrence enseigne l'égoïsme et pas un comportement moral.

La morale à l'école devrait se développer dans le sens de l'aide et de l'assistance, de la coopération.


Une nouvelle méthode, un nouveau rôle pour les enseignants et de nouvelles organisations d'enseignants peuvent changer le modèle de l'école traditionnelle et finalement, du monde.